IND Gus

Phénotype: Capé noir dumbo velours

Provenance: Particulier / sauvetage (rat castré)

LORD: INC35023M

Santé: Nombreux problèmes respiratoires, otite, abcès, puis tumeurs sur le museau

Caractère: Timide au début, n'aimait pas se laisser porter, très gentil, reconnaissant et protecteur avec les autres rats.

Reproduction: non

 

Naissance: 30.01.2012

Décès: 10.03.2014

Cause: Tumeurs sur le museau (euthanasie)

Hommage

Bonjour.

 

Je m’appelle Minimaus et j’ai un peu plus d’un an. Je vis seul et m’ennuie ferme. Je vis dans un tout petit bocal en verre, avec pour seul ami mon reflet.

 

Au début on s’occupait un peu de moi, j’adorais sortir hors de ce sauna poussiéreux et insalubre, j’avais l’impression d’enfin pouvoir respirer, je pouvais dégourdir mes pattes mais j’ai toujours eu un peu peur lorsque quelqu’un me touchait. Je sais que je ne devrais pas avoir peur vu que c’est la personne qui me donne de temps en temps à manger ou à boire. Elle n’est pas méchante alors j’essaie d’être le plus gentil possible. Peut-être que je serai alors récompensé et pourrai manger à ma faim ?

 

J’entends des grondements et aboiements à longueur de journée, j’ai envie d’être tranquille, je n’ai pas d’endroit où me cacher. Je suis stressé et mes dents poussent de plus en plus, je n’arrive pas à les raccourcir, le verre est trop dur à croquer. La seule chose que je puisse ronger pour soulager mon stress et mon ennui, c’est moi-même. La douleur me change les idées. Je n’ai que ça de toute façon… J’ai tant essayé de m’endormir sans jamais me réveiller, mais tous les matins je suis réveillée par ces aboiements qui résonnent dans ma cage en verre.

 

Lorsque je respire, j’ai mal aux poumons et j’éternue beaucoup. Peut-être que je vais enfin pouvoir partir de là ?

 

Un après-midi, une tête inconnue est penchée sur moi. Elle discute avec la personne qui me nourrit d’habitude, qui me prend et me tend à l’inconnue.

 

Elle me met dans une autre boîte avec plein de nouvelles odeurs, et me prend avec.

 

Des gouttes salées coulent sur moi et je la regarde avec de grands yeux, puis je m’y désintéresse totalement. A quoi bon…

 

Quelques minutes plus tard, on me sort de ma cage sans me toucher et je me retrouve sur un sol bizarre, le bois est tout allongé et ne me pique pas les narines. Je n’ose pas bouger. Au loin, je vois une cabane, je m’y faufile en vitesse. Une voix douce me parle depuis de longues minutes. Je me décide à sortir mon nez et devant moi se trouve un récipient qui sent drôlement bon. Je me rue dessus et lèche tout ce que je peux lécher.

 

Je me sens de mieux en mieux chez mon nouveau chez moi, je n’ai plus envie de mourir. Ma nouvelle maman me sort très souvent et me parle beaucoup. Elle dit que mon nouveau nom est Gus. Elle me donne plein de bisous, plein de bonnes choses à manger et nous sommes allés chez un monsieur qui m’a raccourci les dents, et ma maman me met une pommade qui me soulage beaucoup aux endroits où je suis irrité et où je n’ai plus de poils.

 

Maman a l’air contente, elle dit que j’ai meilleur mine et que mes yeux sourient enfin.

 

Tous les jours, j’attends qu’elle vienne me retrouver. J’essaie de lui dire à quel point je suis reconnaissant et je crois qu’elle le lit dans mes yeux.

 

Un jour, je sens que maman est triste. Elle me dit que mon séjour chez elle arrive à terme, que je vais rejoindre ma famille définitive et que là-bas j’aurai un copain. J’essaie de la rassurer en lui léchant les yeux mais je n’y arrive pas cette fois.

 

Elle me met dans la petite boîte, prépare un sac de nourriture et attend. Mais personne ne vient. Elle me remet dans la cage.

 

Deux semaines plus tard, même rengaine, elle me fait ses adieux, mais je suis toujours là car personne ne vient. Elle est exprès partie au milieu d’une fête de famille pour accueillir ma nouvelle famille à la maison. L’ami de maman commence à s’énerver, il me fait un peu peur, j’ai peur d’avoir fait quelque chose de mal. Maman m’explique que papa ne veut pas que je parte, il ne veut pas me laisser partir dans une nouvelle famille qui ne montre pas plus d’intérêt et de motivation pour venir me récupérer, après tout ce que j’ai dû traverser.

 

Un jour, maman me met sur la table du salon et je suis rejoins par un tout petit truc tout frisé et gris. Il s’appelle Chuck. On se sent un peu et je le trouve tellement mignon que je commence à le papouiller et je m’endors avec lui en craquetant.

 

Maman n’aurait jamais pensé que je serai sociable avec les autres rats. Mais je ne comprends pas sa réaction, c’est pourtant un ami que j’attendais depuis si longtemps !

 

Un jour, elle nous emmène chez un autre Monsieur. Elle nous dit qu’elle n’aime pas trop ça, mais que c’est mieux pour nous, qu’on sera des travestis et qu’on rejoindraBulle, la sœur de Chuck et ses deux copines, Cafféine et Nora.

 

On s’endort chez le Monsieur et à notre réveil, on se sent beaucoup moins virils. Notre maman nous papouille pendant plusieurs jours et on reçoit encore plus de bonnes choses à manger.

 

Et puis, le jour tant attendu arriva. Maman nous a mis Chuck et moi dans une petite cage et bientôt, 3 femelles nous ont rejoint. La sœur de Chuck est encore plus petite que lui et toute noire, Cafféine et Nora sont de grandes rates blanches et grises. Je suis tout excité et veux faire la toilette a tout le monde mais il y en a trop et je ne sais pas par qui commencer. Tout le monde est très gentil avec nous, et ma nouvelle meilleure amie c’est la belle Nora. Depuis ce jour-là, nous sommes inséparables !

 

Nora essaie de m’apprendre à grimper sur les étages mais j’ai un peu de peine s’il n’y a pas d’échelle. Lorsque je n’arrive pas à aller dans le hamac du haut, c’est elle qui vient me rejoindre dans le spoutnik du bas.

 

Un jour, Chuck se blesse à la patte, elle devient toute épaisse et bleue. Je ronge les barreaux pour que maman m’entende et commence à faire des aller-retour vers Chuck. Maman a vite compris et a appelé le monsieur qui nous a travesti. En attendant d’y aller, je suis resté auprès de lui et l’ai toiletté comme je pouvais.

 

Quelques jours plus tard, Chuck est soigné et nous rejoint à nouveau dans notre cage spacieuse.

 

Je suis le plus heureux des rats.

 

Maman dit que je tousse trop, qu’elle veut retourner chez le monsieur. Le monsieur me manipule et je déteste ça, mais il dit à maman que j’ai une infection et qu’il me faut des antibiotrucs. Pendant 10 jours, tous les matins et soirs et je me débats pour ne pas recevoir ce truc dégueu dans ma bouche. Des fois je suis content car maman n’y arrive pas. En plus, j’éternue toujours autant. On y retourne, et le monsieur lui donne un autre antibiotruc. Ca ne marche pas non plus et j’en ai marre. Je n’ai plus envie de manger. De toute façon ça me fait trop mal. Et puis, je vois ma Nora qui s’inquiète pour moi et ma maman encore plus. Il faut que je mange, je ne dois pas les décevoir !

 

Maman me dit que j’ai perdu beaucoup de poids. Je me retrouve encore chez le gentil monsieur. Il a dit à maman qu’on allait essayer des dernières antibiotrucs et que si ça n’allait pas, il ne pouvait malheureusement plus rien faire pour moi. Quoi ? Mais je ne veux pas partir moi ! J’ai regardé le monsieur et lui ai dit que je voulais tout essayer et que cette fois je me laisserai faire.

 

J’ai été très sage pendant tout le traitement. Et je n’avais plus mal. Nous sommes retourné chez le monsieur qui nous a dit que j’avais un rhume chronique, mais que mes poumons n’étaient plus touchés.

 

Puis, il y a une petite rousse toute pelucheuse qui nous rejoint, Gaga. Je la prends sous mon aile au début, elle est tellement petite que j’ai peur que quelqu’un lui vole sa nourriture ou lui fasse du mal. Puis je la laisse enfin aller vers les autres car finalement elle m’embête un peu à toujours vouloir jouer.

 

Plus tard, il y a une petite dodue brune et blanche qui nous rejoint, Schorle, déjà adulte et qui avant, vivait aussi dans du bois qui pique le nez et vivait seule. Elle veut être la cheffe de tout le monde alors il y a toujours des bagarres. Moi je me cache avec Nora, car on n’aime pas les bagarres.

 

Au fil du temps ça va mieux car Cafféine et Bulle lui font comprendre que c’était elles les cheffes, car elles étaient là en premier !

 

Nous avons reçu une cage encore plus grande !Maman dit que c’est un royal double.

 

Bulle commence à grossir de plus en plus, je trouve très bizarre. Et elle part ! Mais je suis vite rassuré, je la vois dans une cage juste à côté de la nôtre en train de tout réorganiser la cage. La pauvre, elle n’a même pas de maison…  J’en veux un peu à maman de lui faire ça.

 

Pi je commence à entendre des tout petits cris, d’abord un, puis de plus en plus. Maman passe de temps en temps et finalement elle annonce qu’il y a 15 bébés.

 

Je félicite Chuck qui devient tonton !

 

Plus les jours passent, plus il y a du bruit à côté. Cela nous intrigue tous et avons hâte de les rencontrer.

 

Après quelques semaines, maman sépare la cage en deux, je suis avec Chuck et des petits mecs plein de vie. Je suis tout content de pouvoir partager mon savoir avec eux.

 

Puis ils partent, un à un. Bientôt, maman nous ouvre l’accès à l’étage supérieur et on rencontre la fille de Bulle que maman a décidé de garder, Saskia. Elle embête tout le monde mais n’est pas méchante.

 

Après quelques semaines, je commence à me sentir de plus en plus mal, je n’entends plus rien et je n’arrive pas à rester en équilibre. Je panique quand on me déplace de ma maison et je n’arrive plus à grimper dans les étages. Maman a l’air inquiète, elle pense à un AVC, moi je ne sais pas. Un soir elle me prend avec elle, et des gouttes salées me tombent de nouveau dessus. Elle arrête pas de me répéter que je suis le plus beau et qu’elle m’aime. Moi je suis content d’être près d’elle.

 

Nous allons chez le monsieur, et il dit à maman que ce n’est pas un AVC mais une otite. Il dit aussi que je ne pèse plus que 320g et que la dernière fois j’en pesais 500. Je dois reprendre des antibiotrucs et aussi des trucs dans les oreilles. Je n’aime pas du tout ! Je me débats tellement que maman est obligée de m’enrouler dans un linge pour pouvoir me donner les gouttes. Peu à peu je me sens mieux, et je recommence à avoir de l’appétit.

 

Nora vient souvent dormir avec moi pour que je ne sois pas seul.

 

Tant que je suis dans la cage, je me sens plus du tout désorienté alors je commence à vadrouiller. Pas trop longtemps car j’ai peur que quelqu’un prenne ma place dans la maison. C’est MA maison ! J’attends tous les jours impatiemment que maman me donne les antibiotrucs, ça a très bon goût, c’est sucré.

 

Quelques temps plus tard, maman trouve que j’ai une bosse bizarre sur le museau. Je la vois inquiète et je n’aime pas voir maman inquiète ! Alors je lui montre que j’ai bon appétit. A chaque fois qu’elle passe devant la cage je me rue sur les graines. T’as vu maman ? Je vais bien, je suis heureux !

 

On retourne chez le monsieur. Il m’appuie sur ma boule et je me débat, ça me fait mal et je ne veux pas qu’il y touche. Le pire c’est quand il veut m’ouvrir la bouche pour voir à l’intérieur. Je me débat tellement que je gagne ! Il dit à maman qu’il faut m’anesthésier pour mieux voir ce que j’ai, mais que ce n’est pas possible aujourd’hui, car d’abord il faut que j’arrête de prendre mes antibiotrucs. Je rentre donc avec maman.

 

Les deux jours suivants, maman s’occupe de moi comme si j’étais un roi. Elle me dit qu’il fait beau et que je suis encore jamais sorti. Elle veut que je voie le soleil avant de partir. Je me retrouve sur un sol bizarre, il y a plein d’odeurs, une douce chaleur qui vient du ciel qui s’étend à l’infini. Je veux tout explorer, j’ai l’impression d’avoir de nouveau 6 semaines. Je retrouve ma maman et m’installe sur elle, elle me caresse tout doucement et je craquote sans m’arrêter. Je suis le plus heureux des rats !

 

Le lendemain, maman me dit de dire au revoir à tous mes compagnons, surtout à Nora. Mais moi je ne veux pas, je sais que je vais les revoir.

 

Je suis de nouveau chez le monsieur. Maman me caresse, me chuchote des mots doux et s’en va. Maman n’a pas l’air bien, j’essaie de lui faire comprendre que tout ira bien.

 

Le monsieur me sort délicatement de ma boîte, et je suis si bien que je m’endors. Je repense à la vie merveilleuse que j’ai eue auprès de maman, papa, Nora et mes autres amis. Et je repense à hier. Au ciel si bleu. A cette agréable chaleur qui émanait de là-haut. C’est là que j’irai. Je suis prêt, maman.